Merlin ou le savoir du monde

de Philippe Walter - 198 pages.

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En quête d'un monde oublié...

Longtemps a régné l'idée selon laquelle la culture et la civilisation européennes seraient exclusivement nées en Grèce et se seraient épanouies à la faveur de l'empire de Rome. Ce dogme mérite d'être révisé. Il ne représente qu'une part de la vérité. Il ne rend pas justice à l'important héritage culturel Scandinave qui irrigue encore aujourd'hui la partie septentrionale de l'Europe et qui s'est constitué hors du monde gréco-latin. Il ignore encore plus le domaine culturel celtique qui s'étendait sur un espace au moins aussi vaste que l'Empire romain à l'apogée de sa puissance et qui précéda historiquement ce dernier. Faut-il rappeler que les Celtes représentèrent longtemps une menace pour Rome jusqu'à ce que la conquête romaine de la Gaule mît fin à leurs prétentions hégémoniques ? Tout à l'opposé d'une civilisation de «rustres» sans foi ni loi, la civilisation celtique possédait une forte originalité. Celle-ci se traduisit à travers son art, sa mythologie et sa littérature dont le Moyen Âge hérita. Comment ?
La Gaule et la Bretagne celtiques, après avoir subi de front la romanisation (installation de la civilisation gallo-romaine ou britto-romaine) puis la christianisation (à partir du VIe siècle), avaient fondu sa culture dans celle de l'envahisseur puis dans celle de ses évangélisateurs. Loin d'apparaître comme une religion étouffante, le christianisme conquit l'Europe en assimilant progressivement les religions et les cultures qui l'avaient précédé. Une réelle transformation de la culture celtique primitive s'ensuivit malgré le maintien de l'espace (lieux de culte) et du temps (ou calendrier) rituels propres à l'ancienne religion celtique. C'est ainsi que des noms de lieux celtiques ont pu se maintenir en France, tout comme certaines croyances ou certains sites sacralisés par le paganisme (pierres, fontaines ou arbres sacrés, par exemple) que le monde celtique hérita lui-même d'une civilisation antérieure. Certaines fêtes préchrétiennes et certains rituels païens survécurent également dans ce christianisme originel tout en étant assimilés et réinterprétés par la nouvelle religion. On ne tient pas assez compte de ces phénomènes essentiels de transfert culturel lorsqu'on étudie l'imaginaire médiéval. Celui-ci ne surgit pas ex nihilo des brumes du haut Moyen Âge ou du gouffre des temps obscurs. Il est tributaire d'un imaginaire plus ancien qu'il restructure et réinterprète.
Lorsqu'on évoque le monde celtique, on fait allusion à un ensemble de peuples qui ont pu léguer leur langue au vaste monde médiéval. Plusieurs branches linguistiques celtiques survivent au Moyen Âge. On les regroupe en dialectes goidéliques (ou gaéliques) comprenant l'irlandais, l'écossais et le mannois (Ile de Man) et en dialectes brittoniques comprenant le gallois, le comique (de Cornouailles) et le breton (armoricain). S'il ne restait plus rien au Moyen Âge des parlers celtiques continentaux (comme le gaulois ou le celtibère), en revanche une branche de la culture celtique brittonique réussit à maintenir plus fermement ses traditions primitives, c'est-à-dire sa langue et sa littérature (essentiellement orale). Autour du roi Arthur se rassembla ainsi la galaxie des légendes celtiques qui remontaient aux mythes des tribus ancestrales. Or, ces deux conservatoires de la tradition celtique qu'étaient le pays de Galles d'une part et l'Irlande d'autre part allaient faire déferler sur le continent au XIIe siècle des récits et traditions celtiques apparentés à ceux que la Gaule celtique connaissait mais qu'elle avait progressivement oubliés. Ainsi allait pouvoir s'opérer à partir du XIIe et du XIIIe siècle une véritable «receltisation» du continent par légende arthurienne interposée.

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