La Nouvelle Revue d'Histoire n°9

dirigé par Dominique Venner.

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Les convertis à l’islam

La question du terrorisme qui fait l’objet de notre dossier ne relève pas seulement de la police, de la justice ni même de la politique. Par son ampleur, elle est révélatrice de la crise de notre époque. Crise est un mot faible. Il s’agit de quelque chose qui n’est ni fortuit ni passager. Tout le monde s’interroge et les réponses convaincantes sont rares. Nous en proposons de substantielles et qui sortent des sentiers battus, tout particulièrement avec Xavier Raufer et Aymeric Chauprade.

Depuis notre création, voici dix-huit mois, numéro après numéro, nous avons renouvelé sur beaucoup de sujets la connaissance historique. Mais nous ne nous contentons pas d’empiler des informations, même critiques. En nous appuyant sur l’histoire, nous proposons une réflexion permanente sur le passé et le présent.

Ce présent qui semble opaque à tant de nos contemporains, nous semble au contraire intelligible. Non grâce à la grille d’interprétation d’un système, mais à la lumière de la longue durée historique et de ses permanences.

Qu’à travers ce que la modernité a de destructeur et de fécond nous vivions une épreuve sans précédent, c’est ce que dit clairement Marc Fumaroli dans l’entretien qu’il nous a accordé. Mais, comme il le suggère, renouant avec la sagesse antique, de ce mal peut surgir un bien. Celui-ci reste encore masqué, alors que s’accumulent les signes négatifs. L’un d’eux concerne par exemple les conversions à l’islam.

Au moment de “boucler” ce numéro de la NRH, c’est-à-dire de réaliser sa mise en forme, la presse quotidienne publiait un rapport des RG sur l’importance des convertis à l’islam dans les banlieues, précisément dans l’Essonne. “Si l’on se réfère à des études nationales faisant état d’environ 30 000 à 50 000 convertis sur l’ensemble du territoire, on peut raisonnablement considérer qu’il y aurait aujourd’hui entre 1 000 et 2 000 convertis en Essonne”. Selon les RG, les convertis sont rarement des athées. La plupart “ont baigné dans une culture et une éducation chrétiennes”. Ce qu’illustre l’entretien accordé par un certain Olivier, devenu Azzedine, 39 ans, barbe noire, adjoint au maire communiste de Grigny (Essonne) : “J’ai rencontré des musulmans alors que j’étais déjà sensibilisé spirituellement par la religion catholique”. L’étincelle, dit-il, est partie de “la lecture du Coran qui ne voit pas de contradiction entre Dieu et science, alors qu’en Occident ce lien a toujours été problématique”. Marié depuis à une Marocaine musulmane partageant la même démarche spirituelle, Azzedine précise : “Cette conversion n’a pas changé ma relation avec mes parents, catholiques pratiquants. Simplement, il m’a fallu expliquer et rassurer”. Toujours selon le rapport des RG, la majorité des convertis “participe du mouvement plus vaste de retour au spirituel”. La forte implantation du Tabligh, mouvement islamiste missionnaire, serait un “puissant facteur de conversion”.

Ce phénomène est à mettre en parallèle avec le succès grandissant de la prédication bouddhiste dans des milieux analogues. Si l’on écarte les questions théologiques auxquelles ne s’intéressent qu’une infime minorité, les passerelles sont en effet imaginables entre message chrétien moderne et bouddhiste : foi individuelle, bons sentiments, renoncement au monde, amour universel, etc. Deux différences pèsent en faveur du bouddhisme, expliquant sans doute son succès : l’absence d’interdit sexuel et de magister dogmatique, sans compter l’attrait de l’exotisme.

Ajoutés à tant d’autres signes morbides, ces transferts de religions sont révélateurs de troubles profonds. Notre époque est plus avare en signes positifs. On perçoit plus facilement ce qui s’effondre que ce qui renaît, et les gestations relèvent toujours de l’invisible.

Mais puisqu’il faut des exemples, prenons celui du renouveau celtique, phénomène à bien des égards spontané, inconcevable trente ans plus tôt. Il échappe à la visibilité politique, ce qui est une force. Il agit sur un terrain d’une autre épaisseur, par propagation esthétique et émotionnelle, révélant une communauté d’appartenance et de perception que l’on croyait morte à jamais. À un autre niveau, chez les esprits portés à la réflexion, on peut déceler une quête et une attente nourries de notre tradition. Il n’est que de lire nos pages depuis notre premier numéro pour en trouver la trace dans le registre historique qui est le nôtre.

1. Le Figaro, 7 octobre 2003, p. 12.

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