Les Black Blocs - La liberté et l'égalité se manifestent

de Francis Dupuis-Déri - 248 pages

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Utilisant un style direct proche de l’action qu’il décrit, Francis Dupuis-Déri fournit avec « Les Black Blocs » un matériau précieux à l’usage d’un mouvement en marche. Les phrases n’ont pas les volutes insurmontables des essais sociologiques, et les comparatifs historiques servent à la compréhension de la situation actuelle dans ce qu’elle a de concret, s’éloignant d’une analyse intellectuelle ampoulée et passive. Il s’agit donc plus d’un état des faits, ou d’une introduction à un manuel de l’action contestataire. Partant de la bataille de Seattle qui avait opposé en 1999 militants altermondialistes (le mouvement des mouvements) et les milices armées, il tente de dresser une typologie du Black Bloc, forcément floue, forcément « à étendre ». Né spontanément dans la rue, ce mouvement se trouve confronté dès le 11 septembre 2001 à une tactique de repli de la part des dirigeants capitalistes, qui, se barricadant de plus en plus par peur du « terrorisme », réduisent d’autant la possibilité d’actions des Black Blocs. A tel point qu’un des participants affirmera à cette époque: « Les Black Blocs sont morts » (p.227). Ce livre permet de comprendre qu’il n’en est rien, et que leur action libertaire et égalitaire s’est poursuivie de 2005 à 2009, d’Ecosse à Genève. Il démontre surtout que même si une classification précise ne peut être apportée, il existe bel et bien une organisation structurée et intelligente à l’origine de ce mouvement. Selon l’auteur, il s’agit moins de provoquer que de se défendre. Le rassemblement d’individus non reconnaissables mais identifiable comme force commune permet de se doter d’une égalité de répondant face aux armes des policiers. Francis Dupuis-Déri rappelle que bien souvent ces Black Blocs se placent dans des zones « à risques », servant ainsi de protection pour les manifestants civils. L’une des grandes thèses sous-jacente au livre est qu’il existe une vision erronée de l’action anarchiste, qui a été en partie déformée par les politiques capitalistes et par les médias. La contestation anarchiste « répond » à une agression primitive. Il rappelle assez judicieusement que l’on compte historiquement plus d’assassinats du côté des fascistes, des communistes-léninistes ou du christianisme que du côté des anarchistes. Que l’on met bien plus souvent en lumière l’action violente de quelques uns comme Bakounine plutôt que de tous les autres prônant une idéologie non violente comme Godwin ou Proudhon. Enfin il en appelle à Rousseau pour constater que l’état policier ne peut être un état de droit, et doit donc de ce fait être réprimandé comme il réprimande. Ouvertement engagé -Francis Dupuis-Déri est lui même sympathisant anarchiste et professeur de science politique à Québec- le livre se confronte aux critiques qui lui sont faites avec parcimonie, car il s’agit avant tout d’expliquer à l’opinion publique un mouvement qui peut paraître, à raison, obscur et dangereux, plus que de le mettre en cause. Il revient donc beaucoup plus longuement sur les dysfonctionnements du système politique qui ont engendré cette forme d’action contestataire (violente et cagoulée), et sur leur organisation, apportant ainsi une véritable compréhension des divers mouvements autonomes qui s’y sont associés. On revient sur la CLAC (convergence des luttes anticapitalistes), créée à Montréal en avril 2000 pour organiser les manifestations, ainsi que sur les différentes initiatives qui ont vu le jour un peu partout, des « Tute Bianche » en Italie, qui s’affichent en blanc, symbole de la pureté de l’opprimé contre l’oppresseur (ici le policier), aux Clowns d’Ecosses, qui symbolisent l’absurdité de leurs gouvernants. Une diversité d’actions, de pensées et d’origines sociales et économiques, voilà ce qui est, selon Francis Dupuis-Déri, à l’origine même de la réussite du mouvement des Black Blocs qui par là acquiert une représentativité plus légitime que n’importe quel gouvernement capitaliste au service d’une industrie plutôt que des hommes qui l’ont élu.

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